29.02.2008

Les nouvelles heures d'Emma

"Emma a vu le lapin noir"... Je répète : "Emma a vu le lapin noir".

Ça ressemble à un message codé qui annoncerait le débarquement, mais en fait c'est beaucoup plus con. Pour rejoindre son lieu de travail – un bâtiment en forme de tour spécialisé dans... les daubes – Emma doit longer un petit parc où il y a des jeux pour enfants. Et là, depuis des années, il y a un petit lapin noir qui vit sa vie tranquille, pas loin du périph, au milieu des pigeons. Ça n'arrive pas tous les jours, mais quand Emma l'aperçoit, le matin ou le soir, ça la fait sourire bêtement. En plein Paris, il y a des lapins. Si ça c'est pas étrange... A chaque fois, pour une raison obscure et qui n'appartient qu'à elle, Emma prend ça comme l'annonce d'un changement. Quelque chose est en marche, quelque chose va se passer. Pourquoi ? Comment ? Nul ne le sait. Pas même Emma, mais c'est ainsi. Souvent, malgré la pluie, Paris, le bruit, le silence, le désarroi, l'absence, les désillusions et le cœur en mille morceaux, le petit lapin noir semble être là pour annoncer de nouvelles minutes, de nouvelles heures, de nouveaux jours, des mois, voire carrément, des années. Plutôt bon signe non ?

Mais c'est dur quand même hein... De regarder la vie en face tout en laissant quelque chose derrière soi. De se dire qu'on va retrouver la paix, forcément, un jour ou l'autre, et écrire une autre histoire. Ecrire, c'est tout bête et élémentaire, mais c'est Emma. C'est tout ce qui la libère, la tient éveillée, en vie. Emma s'évade sur le papier et petit à petit se laisse envahir. Ça et la musique... La musique, ça lui procure le même effet aussi. Et si, en vrai, il n'y avait que ça de vrai ? Et si.

En attendant, Emma demeure à l'affut, insatisfaite. Elle voit tout, elle entend tout, elle guette. Elle a décidé de faire, plutôt que de se convaincre qu'elle "allait faire". Ce serait trop bête d'accumuler les regrets en passant à côté des petits riens qui lui font apprécier la vie. Il y a tellement d'incompréhension, de tristesse, de nostalgie et de mélancolie, mais oui voilà, c'est juste comme ça, c'est la vie. Virginia Woolf dirait ça : "On ne trouve pas la paix en évitant la vie". Ben non. Enfin, ben oui. Donc il faut faire avec. Le passé, le présent et l'avenir. Il faut du temps, des rêves, de l'espoir, du courage, de l'envie et de l'amour aussi. Question : ça se trouve où ce genre de marchandises ? Si on avait la réponse, ce serait tellement plus facile.

Du coup, aujourd'hui, comment Emma vit ? Elle a connu mieux, mais il faut bien admettre qu'elle a aussi connu pire. Tout n'est pas perdu, elle du moins non, enfin elle espère, elle imagine. Par exemple, ça y'est, elle s'est trouvé un appart. Eh oui. Vous vous souvenez de l'annonce qu'elle aurait été complètement cap' de publier : "Jeune fille - désinvolte, bien sous tous rapports, sympa, pas trop bête, avec le sourire et maniant un humour décapant qui peut souvent et c'est pas fait exprès, faire mourir de rire - recherche APPARTEMENT 2 PIECES, surface énorme, budget max 750 euros, avec vue sur Tour Eiffel ou Sacré Cœur ou Parc des Buttes Chaumont ou Arc de Triomphe... Ou plus simplement dans les quartiers Pigalle, Place de Clichy, République, Belleville, Bastille.", eh ben, on est en plein dedans, c'est exactement ça, oui. A croire que sa bonne étoile est filante, parce que tout semble aller vachement vite...

Très bientôt, Emma sera chez elle – parce que faut bien dire ce qui est, mais vivre avec un couple, c'est pas forcément mortel – mais ça y'est, c'est bon, dans quelques semaines, elle sera chez elle. Reste plus qu'à trier, empaqueter, ficeler, jeter, mettre tout en carton et se réinstaller dans un endroit lumineux, original, atypique et un peu azimuté. Un endroit qui est sur le point d'être totalement ravalé, repeint, reconstruit. Finalement, un endroit qui lui ressemble à Emma, c'était écrit. Ça a beau être un détail insignifiant, une petit goutte d'eau dans un désert aride, mais Emma, ça lui a fait l'effet d'un baume au cœur, d'un énorme réconfort, ça lui a changé la vie.

D'ailleurs en parlant de ça, il y a des moments où on se rend vite compte qu'elle peut être très courte la vie. Hier soir, après avoir bu des bières en écoutant du rock – ou l'inverse, Emma ne sait plus vraiment – elle a marché à Pigalle dans la nuit. Et là, au moment où elle écoutait Arcade Fire à s'en flinguer les tympans, elle a failli se faire shooter par un petit branleur qui conduisait son scooter sans casque et qui venait de griller un feu rouge. Il y a un lieu commun qui veut qu'on voit sa vie défiler juste avant de trépasser. Le scoop, c'est que c'est des conneries en vrai. Si Emma ne s'était pas reculée à temps, elle aurait juste volé pour s'étaler sur le tarmac de tout son long, avec le titre cosmiquement ultime No Cars Go en musique de fond. Ça aurait été un peu ironique non ? Oui, ironique, et surtout très con.

Parce que demain, dans les heures qui viennent, Emma a un tout un tas de choses à faire, vraiment.
Dont : écrire, comprendre, rester, pardonner, apprécier, discerner, admirer, pleurer, évoluer, admettre, atteindre, charmer, s'amuser, respirer, espérer, aimer.

Et si tout ne faisait que commencer ?

24.02.2008

Emma, une mêlée et un inconnu

Donc. Voilà. Oui. Bon. Non, on n’a pas gagné. On en encore perdu contre ces sacrés Anglais. C’est le genre de trucs un peu trop récurrents au goût d’Emma. A vrai dire, ça commence même vraiment à l’énerver… Pourtant, tout y était.


Elle déjà. Au stade de France. A une place rêvée. Et parfaitement bien entourée. Tout y était, et malgré la bière vraiment beaucoup trop chère, Emma était complètement prête à se laisser griser. Elle l’a fait. Pour tout dire, ou plutôt pour ne rien cacher, elle a frôlé l’hystérie, mais c’était collectif, donc ça passait. Mais ses "Allez Dimitri !", "Alllllllez les mecs !", "Mais passe lui ce foutu ballon bordel !", "Putain !!" (NDLR : avec l’accent basque s’il vous plaît), "NON !", "Ouiiiiii !", "Collabo d’arbitre !", "Merde, il est quand même beau ce Jonny Wilkinson…", "Alllllez Dimitriiii !" (NDLR : ça elle l’a beaucoup dit…), rien n’y a fait. On n’a pas gagné. Après les frissons dans tout le corps pour un seul et unique essai, la défaite. Emma en aurait pleuré.

Bon, ok, c’est pas comme s’ils avaient super vachement bien joué les petit Français, c’est pas comme si ça avait été le match du siècle, non plus. Mais perdre, c’est pas du jeu, c’est pas drôle, surtout quand on a bataillé en rangs serrés pour entrer dans une rame de métro surblindée, crié à s’en décoller la plèvre, imploré toutes les forces interplanétaires et broyé la main de son papa ou de son cousin pendant 80 minutes. Surtout quand on y a cru parce qu’on s’est dit que tout était possible et que la revanche était là, et qu’on la frôlait du bout des doigts. Eh ben non. Ça ne marche pas à chaque fois.

En se levant après une soirée de beuverie pour oublier cette injustice, Emma s’est dit qu’elle allait déployer tous les moyens de la terre pour obtenir le numéro de Lièvremont (NDLR : l’entraîneur du XV de France pour les novices) et essayer de lui remettre les pendules à zéro. Emma a le bras long, des relations, elle était donc prête à en faire une affaire perso. Mais bon, c’est du rugby hein, c’est pas comme si une défaite à un match du Tournoi des six nations allait changer la face du monde. Non. C’est juste le jeu. Et comme le "respect spirit" est à la base du rugby, Emma respecte ça aussi.

Du coup, en ce matin ensoleillé, dans un élan de guerrière empreinte de justice, Emma s’est quand même dit qu’elle devait les venger les petits Français. Elle a bien envoyé deux trois textos d’amour à Dimitri Szarzewski et Aurélien Rougerie, ceci dans l’unique but fort aimable de leur proposer une petite séance de massages gratuite. Mais ils n’ont pas répondu. (NDLR : salauds !). Ils étaient sûrement trop fatigués les pauvres chéris… Donc Emma a foncé à la piscine et telle une super héroïne magistrale, elle s’est dit "Si tu ne fais pas 80 longueurs aujourd’hui, non seulement tu es une grosse nase, mais en plus tu ne les auras pas vengés : ils auront couru, bouffé la pelouse et de l’Anglais, tout ça pour rien, pour qui. Ceci est impossible. Impossible n’est pas Emma, c’est Napoléon qui l’a dit". Donc elle l’a fait. Trop dur pour les Anglais.

Et en sortant, Emma a exactement ressenti ce que doivent ressentir Superman, Batman, Spiderman et tous les autres Misterman à collants : le sentiment du devoir accompli. C’est pas grand-chose mais ça change la vie. Comme le sourire, comme le soleil, comme les amis. C’est ainsi que la déception de la veille est passée. Les dégâts de la mêlée anglaise n’avaient plus d’effet. Emma était fière d’elle, plus légère que l’air et fin prête à parcourir des kilomètres dans Paris. Avec de la musique parfaite dans les oreilles, un bon appareil photo à la main et des bonnes vieilles Converse dévastées aux pieds. C’est vachement grand Paris et au soleil, c’est vraiment joli. Et comme ces derniers temps, Emma est un peu plus émotive, elle en a eu les yeux un peu rouges et les larmes faciles. Mais il y a tellement de jolies choses qui lui ont fait oublier cette foutue défaite et l’ont faite sourire…

Par exemple, sur le Pont des Arts, là où il faut courir pour avoir l’impression de marcher sur l’eau, Emma s’est arrêtée longtemps sur un banc et un petit monsieur s’est assis à côté d’elle, après lui avoir très aimablement demandé la permission. Il s’est assis et Emma a continué d’écrire dans son petit carnet rouge, tout en écoutant une chanson triste qui, dans ces moments là, s'impose. Et au bout de plusieurs petites pages noircies et de quelques minutes écoulées, le petit monsieur a tapoté la manche d’Emma et lui a dit (NDLR : dans l’action, Emma a eu la présence d’esprit de retirer son super nouveau casque qui lui permet de se retirer du monde quand le cœur lui en dit) : "Vous écrivez ! C’est bien d’écrire…". Emma, ça lui a plu. Après tout, c’est le genre de moment assez miraculeux pour être raconté et puis, dans Paris, c’est pas si souvent qu’on tape la discut’ avec un inconnu. C’est là qu’elle a remarqué que l’inconnu en question avait des mains grossières avec lesquelles il confectionnait un petit oiseau en papier. Et il a reprit la conversation, sachant qu’en fait, il était un peu le seul à parler, en disant : "Oui, moi je sais pas, mais c’est bien d’écrire quand on est triste. Mais vous devriez pas être triste ! Vous avez un si joli sourire…". Le petit monsieur a éternué, Emma lui a dit "À vos souhaits". Il a souri, lui a tendu le petit oiseau en papier et il est parti. C’est bête hein, mais Emma il ne lui en faut pas vraiment plus pour lui donner les larmes aux yeux.

Emma était au soleil, sur le Pont des Arts avec entre les mains un carnet rouge et un petit oiseau en papier. Et la première chose qu’elle s’est dite, c’est que c'était peut-être un signe : et si, bientôt, elle allait s’envoler ?

19.02.2008

Emma ne l'aimait pas...

Emma a été amoureuse. Enfin, il n'y a pas si longtemps que ça, elle le croyait...
Mais lui ne l’a pas choisie, il l’a écrit. Mal, avec une belle faute d’orthographe, mais il l’a écrit : "c’est FINIT". Pour avancer, il faut donc le dire au passé désormais. Pour tirer un trait. C’est un peu comme la défaite du XV de France face à ces foutus Anglais pendant la Coupe du monde de rugby, il faut oublier, tout peut s’oublier. Et c’est ce qu’il y a de mieux à faire, c’est vrai. Parce qu’elle aura fait de son mieux et que ça n’aura pas suffi. Emma s’est trompée, après tout ça arrive. Même si ça travaille dur dans sa tête, même si elle se sent parfois complètement perdue, qu’elle est chamboulée par des émotions diverses et variées : il n’y a rien à comprendre, aucune réponse à trouver.

Le problème d’Emma, en plus d’être trop sensible, trop généreuse, trop naïve, c’est qu’elle est trop idéaliste. Y aurait-il eu, encore une fois, tromperie sur la marchandise ?? Bon, c’est pas son genre à Emma les généralités. Mais elle a été déçue. Même si aujourd'hui elle se demande si elle l'a jamais vraiment aimé. Lui ou un autre... Finalement, peut-être qu'Emma aimait l'amour ou l'impression de puissance qu'elle ressentait. Mais ça n'était pas lui, il n'en valait pas la peine, maintenant, elle le voit comme le nez au milieu de la figure, elle le sait. Trop égoïste, trop défaitiste, trop immature, trop profiteur, trop tout dans les mauvais côtés.

Emma a ouvert les yeux. Elle a tiré un trait. De toute façon, d’après une experte en la matière nommée Charlotte York (oui oui, la copine de l'autre experte en la matière... Carrie Bradshaw de Sex & the City !!), tout ça est mathématique. Pour se remettre totalement, il faudra à Emma deux mois et demi. Mais faut quand même pas rêver, pendant deux mois et demi, elle ne va pas s’arrêter de vivre. Donc c’est parti, le processus est en cours, elle a déjà grandi. Rapport au fait qu’elle accepte finalement de mettre des talons (au moins une fois par mois, pour commencer, c’est un bon début)… 7 centimètres, c’est dingue ce que ça peut changer la vie : une autre perception des choses, de nouveaux points de vue… Mais porter des talons une fois par mois, entre nous, c’est pas forcément ça qui endurci.

En revanche, Emma prend petit à petit confiance en elle, en faisant le vide. Il faut penser à l’après et c’est limpide : de nouvelles perspectives s’ouvrent à elle, en tout cas, la certitude grandit. Emma doit être assez forte pour faire face aux méchants petits caprices du destin, mais petit à petit, ça va venir. Ella va recoller, pièce par pièce, son petit cœur démantibulé comme un puzzle affectif et abattre, une à une, les illusions tenaces qui ont pu la poursuivre. C’est pas gagné, ça ne va pas forcément être simple, la montagne est vachement haute à gravir, mais Emma sent que tout au fond, quelque part au niveau du cœur, elle irradie. Elle est même plutôt certaine que celui qu’elle devra énergiser comme une boisson supersonique, tirer vers le haut, aimer de toutes ses forces, ce n'est pas lui.

Question : quel programme pour ce nouveau départ, cette nouvelle vie ?
Des projets, des visions, des passions, des plans sur la comète et des rêves à réaliser dans l’avenir. Mais là tout de suite, maintenant, dans l’immédiat, Emma va :

- Voir le match de rugby France/Angleterre en direct live oui. Non pas à la télé, en vrai. Elle a des places, elle y va avec quelqu’un de parfait qui ressemble traits pour traits à son père. Ah ben d’ailleurs, c’est lui. Samedi 23 février à 21 heures tapantes, Emma sera au Stade de France, debout sur son siège, pas forcément parce qu’elle est trop petite, mais surtout parce que dans ces cas là, Emma peut frôler l’hystérie…

- Partir quelques jours à la montagne. Direction les Pyrénées. Comme quand elle était petite. Emma va visiter Pau, boire du vin chaud, avaler des tonnes de raclette et de fondue, dévaler les pistes (bleues les pistes… ouais, Emma et le ski, c’est pas le grand amour, elle n’est définitivement pas assez intrépide), lézarder au soleil (car ce jour-là il y aura du soleil, c’est écrit), faire de la luge, des bonhommes de neige et des batailles de boules de neige aussi. Enfin pour résumer, ce programme exaltant montre clairement que pendant cinq jours, Emma risque de méchamment régresser.

- Voir un groupe mystico-légendaire en vrai. The Cure. Si ça c'est pas du revival absolu ! Du coup, en attendant, elle révise... Boys don't cry... Close to me et tout un tas d'autres titres. Emma espère qu'elle ne sera pas déçue. Elle espère que ce sera plein de nostalgie et beau et grand. Just like Heaven finalement !

- Se trouver un joli appart, bien foutu, bien situé, pas trop cher et super grand. A Paris, ça court les rues évidemment. Annonce : "Jeune fille - désinvolte, bien sous tous rapports, sympa, pas trop bête, avec le sourire et maniant un humour décapant qui peut souvent et c’est pas fait exprès, faire mourir de rire - recherche APPARTEMENT 2 PIECES, surface énorme, budget max 750 euros, avec vue sur Tour Eiffel ou Sacré Cœur ou Parc des Buttes Chaumont ou Arc de Triomphe… Ou plus simplement dans les quartiers Pigalle, Place de Clichy, République, Belleville, Bastille." Oui parce qu’en fait Emma a un grand projet. Un jour, dans pas trop longtemps, très vite, Emma va partir. En province ou à l’étranger, parce que franchement, quand on ne vient pas de Paris, on ne peut pas rester vivre à Paris. C'est physique. Ou mieux, c'est épidermique. Paris, c’est bien, c’est grand, c’est joli, mais ailleurs, il y a le silence, le temps et la liberté. Et ça, Emma aime assez…

- Partir toute seule comme une grande pour aller planer. Explication de texte : Non, il n’est pas question de drogue ici. Pas d’apologie merci. Emma va simplement partir "windsurfer". En français dans le texte, ça voudrait dire qu’elle va "surfer avec le vent"… Comme c’est joli… En fait, ça veut dire qu’elle va partir faire de la planche à voile dans un endroit où il y a la mer (élément qui, pour l’activité susmentionnée peut un peu aider), le soleil (pour revenir glamoureusement bronzée), le sable (pour le mettre dans une bouteille et le garder) et des gens qui seront là pour la même chose et qui partageront donc le même "Wind Spirit"… C’est bientôt. Et ça donne envie.

- Voir Radiohead... Voir Radiohead ! (RE)VOIR RADIOHEAD... Il n'y a pas de mot assez fort, assez long, assez puissant, pour décrire l'état d'Emma et cette attente...

- Et puis, partir à Barcelone aussi. Avec deux supers vrais mégas bons amis. Pour un festival qui leur en mettra plein les oreilles, dans une ville qui leur en mettra plein les yeux, pour des moments cosmiquement délirants qui leur en mettront plein les souvenirs, pour des litres de sangria (et pas que) qui leur en mettront plein le bide. Le vrai bonheur, la vraie vie.


Comme quoi, Emma progresse vite. Elle envisage déjà d’être vraiment heureuse à l'avenir et de rendre les gens heureux autour d'elle, parce que ça la fait sourire. Après tout, c’est lui qui a choisi, et il ne manquerait plus qu’elle se prenne pour une petite Cosette digne et meurtrie, et comble du comble, qu’elle perde son rire et sa bonne humeur et sa joie de vivre à cause de lui.

Tout le monde pleure.
Tout le monde a déjà pleuré quand l’autre a décidé de partir.
Et Emma sait qu'il y a plein d’autres vraies raisons de pleurer dans la vie.