29.10.2007

Emma & Paul

Ceux qui la connaissent vous diront qu'Emma est une vraie music lover addict. Eh ouais, elle aime la musique. Elle adore ça même. Le bon son, les riffs, les guitares, les good vibrations, les cris. Dans son top-of-the-pop à elle, il y a un tas de groupes cosmiques qui la font sortir de son corps quand elle les voit en concert. Et puis, sur la première marche, sur le plus high level, il y a deux groupes.
C'est pas original, c'est pas extraordinaire, ça sort pas des sentiers battus, mais c'est sentimental. Quand elle était petite, vraiment pas grande, minuscule, Emma avait un papa barbu-chevelu qui lui mettait les Beatles et Pink Floyd dans le biberon. En boucle. Les séquelles furent irréversibles. Depuis, au risque de se la jouer revival, Emma sait qu'elle ne pourrait pas vivre sans s'en prendre régulièrement une bonne rafale dans les oreilles.

Le problème est le suivant : Emma a 26 ans. Elle est née trop tard, c'est trop con. Voir les Beatles en concert, de nos jours, ça se fait pas super facilement. Sauf que dans la vie, il y a des tournants. Le genre de moments où il ne faut pas trop réfléchir, ni se poser trop de questions. On te dit de traverser, tu traverses. On te dit de sauter, tu sautes. Point.
Du coup, quand, lundi dernier, le 22 octobre 2007 à 18h très précisément, un impec' ami d'Emma (qui bosse à l'Olympia) l'appelle pour lui dire "Tu te pointes tout de suite avec ta carte bleue", Emma ne réfléchit pas. Elle éteint son PC direct (écolo attitude : même dans les situations les plus extrêmes, on éteint son PC, normal) et tel Superman, elle arrache ses fringues de petite bosseuse pour découvrir sa tenue supersonique et sa cape. 22 minutes plus tard, elle est boulevard des Capucines. Ce soir là, il y a Paul McCartney qui joue à l'Olympia. Paul, le vrai, l'unique, the only ONE. Ce soir-là, il y a aussi 1500 personnes qui sont devant la salle, sauf qu'eux ont passé la nuit dans des sacs de couchage tout froids. Pas Emma.

Oui, la vie est cruelle, le monde est injuste, la guerre c'est moche, la Star Ac' ça craint et les pistons c'est nase. Mais beaucoup vous le diront, Emma est un peu la générosité incarnée (ben oui, ses chevilles vont bien pourquoi ?), mais parfois, il faut savoir être égoïste.

Vous savez l'effet que ça fait de voir une légende en vrai ? Emma, maintenant, elle sait. C'est le genre de truc absolument indescriptible qui ne se raconte pas. Qui laisse une impression de "comme si c'était hier", alors que ça fait une semaine, déjà.
Quand Paul est arrivé sur scène, Emma a fondu en larmes. Ça fait con de dire ça... C'est pas qu'elle est trop sensible ou trop impressionnable, c'est juste que sur scène, il y avait le mec qui est en photo dans sa chambre. Sur la photo, il est pieds nus sur un passage clouté avec trois potes à lui, il a l'air plus jeune aussi mais là, en vrai, c'est lui. Et il se met à chanter Blackbird avec sa guitare et il a toujours la même voix. Et donc, logique, Emma fond en larmes.
Pour être complètement honnête, Emma a versé sa petite larme plus d'une fois, mais elle n'était pas la seule, il y avait le mec là, à gauche et plein d'autres qui s'essuyaient les yeux par-ci par-là. Parce que voir Paul se mettre à son piano et jouer The Long and winding road, Lady Madonna ou Hey Jude, c'est un truc de l'espace. Et qui n'arrivera sûrement qu'une fois.

Bon, c'est pas le tout mais c'était y'a une semaine tout ça. Faut revenir les pieds sur terre là. Trop de blabla, il faut combattre le bien par le bien. Musique. Concerts. Qui passe en ce moment ? Où et quand ? Il faut passer à autre chose, aller de l'avant, sans jamais oublier vraiment. Emma a vu Paul McCartney en vrai. Il faut que ça reste indélébile, dans un coin de sa tête ou… tatouer sur sa peau, tiens pourquoi pas ? Ça fait un moment qu'Emma a prévu de se faire faire un tatouage, sur le pied, parce qu'elle est une warrior et qu'elle n'a même pas peur d'avoir un tout petit peu super mal. Du coup, elle a bien réfléchi au message. Après avoir envisagé la vague tribale ou le S de Superman, c'est décidé, ce sera "Paul Foreva"…

Ouais bon, ok.
Ou pas.